samedi 8 mars 2008

REGARD VIOLET de Stephen Woodworth


La police les appelle : "les Violets". A chaque génération, quelques individus naissent avec les yeux de cette couleur. Ils ont le don incroyable de permettre aux morts de revenir témoigner contre leurs assassins. C'est l'arme secrète de ceux qui luttent contre le crime. Natalie Lindstrom est de ces gens exceptionnels qui appellent les morts à la barre dans les procès pour meurtre. Mais un tueur a entrepris d'éliminer tous ceux qui, comme elle, ont ce don. Et de fermer leurs yeux pour toujours. L'agent du FBI Dan Atwater doit assurer la protection de Natalie, tandis que son esprit est déjà assailli par les cris d'agonie des victimes...

Pour vous donner l'eau à la bouche, voici le premier chapitre mis à disposition par les éditions Bragelonne...

L’Homme sans visage

Tapi derrière la cabane à outils en bois bordant la clôture arrière de la maison, l’homme observait la petite fille aux cheveux blond vénitien qui jouait dans la cour. Des gouttes de transpiration tachaient le voile noir au tissage commun qui dissimulait le visage de l’homme ; la sueur suintait sous ses gants en latex quand il pliait les doigts.
Il n’avait pas plu à Los Angeles depuis près de six mois, et la brume qui s’était accumulée jetait un voile ambré sur le bungalow rose et sa cour minuscule. La vague de chaleur de la fin septembre avait desséché l’herbe jusqu’à ne laisser que de fragiles brins jaunis, et la pelouse était mouchetée de terre nue comme si elle avait la gale. Au milieu de la cour, il y avait une pataugeoire à moitié dégonflée, décorée de personnages de Winnie l’Ourson. La fillette, qui portait un maillot de bain une-pièce avec un dessin de Tigrou sur le devant, était accroupie. Elle avait déshabillé sa poupée Barbie et lui faisait faire de grands ronds dans l’eau peu profonde. Ses cheveux fins et emmêlés tombaient en mèches autour de son visage couvert de taches de rousseur.
La respiration de l’homme s’accéléra ; l’air devint bouillant et étouffant sous son masque de crêpe. La mère de l’enfant était au travail, et la baby-sitter était retournée dans la maison depuis plus de vingt minutes. En trois jours, c’était la première fois qu’il voyait la fillette sans surveillance. Pourtant, il hésitait encore.
Puis il vit qu’elle commençait à s’agiter.
Elle laissa tomber sa poupée dans l’eau et plaqua les paumes sur ses tempes.
— On frappe ! On frappe !
L’homme se raidit et ses lèvres formèrent des mots. Il imagina les légers murmures s’insinuant dans le crâne de la fillette.
Ils l’avaient trouvée.
L’enfant sortit de la piscine en titubant, les mains toujours collées sur ses tempes et secouant violemment la tête comme si elle était prise d’une douleur intense.
— On frappe ! On frappe !
L’homme jeta un regard prudent à la porte donnant sur la cour et s’élança brusquement vers la fillette.
Lorsqu’elle le vit, elle glapit et courut en zigzag vers la maison. Il tenta de l’attraper, mais elle esquiva les mains avides et fit volte-face. Elle se précipita vers le portail. Il lui coupa le chemin ; elle se jeta sur le grillage qui bordait la cour des voisins, ses doigts se refermèrent sur le maillage de fils de fer. Elle le secoua en hurlant.
Soudain, lorsque l’homme l’attrapa par les épaules, elle sembla submergée par l’épuisement et s’affaissa contre la clôture. Les traits tirés par la concentration, elle se mit à chuchoter les lettres de l’alphabet comme un rosaire.
— A-B-C-D-E-F-G… H-I-J-K-L-M-N-O-P… Q-R-S-T-U-V…
Sa voix s’évanouit. Les contours de son visage changèrent légèrement ; son expression s’assombrit.
Tout à coup, son corps frêle retrouva sa vitalité. Elle se retourna brusquement avec un grognement et essaya d’arracher le masque de l’homme avec ses ongles. Il s’était douté qu’elle agirait ainsi ; il saisit ses bras et la força à les baisser.
— Mais qui êtes-vous ? demanda-t-elle avec l’autorité d’un adulte. Pourquoi vous nous faites ça ?
Elle le fixa de ses yeux violet flamboyant.
Les creux lisses et peu profonds du masque ne trahissaient aucune émotion, mais l’homme tremblait visiblement. Tenant à bout de bras l’enfant qui se débattait, il referma ses mains gantées sur sa tête d’un geste presque tendre.
Puis, d’un mouvement sec, il lui brisa le cou.

Les personnes ayant la particularité d'avoir des yeux violets ont un don... ils peuvent communiquer avec les morts et témoigner devant le tribunal. Un sérial killer a décidé de tous les supprimer. Natalie Lindstrom a les yeux violets. Elle communique avec tous ceux qui ont été assassinés. Hélas, aucune de ces victimes n'a pu voir le visage du tueur, il porte un masque... Comment fait-il pour retrouver la trace de ses proies ? C'est ce que va essayer d'éclaircir Dan, qui est chargé de surveiller Natalie 24 h sur 24 pour assurer sa sécurité. Comment mettre la main sur un homme qui ne laisse aucune trace derrière lui ?
La possibilité de communiquer avec les morts est-ce une bénédiction ou une malédiction ?

J'ai pris du plaisir en lisant ce livre, il y a du suspense, une histoire d'amour... pourtant ce livre ne me laissera pas un souvenir impérissable... c'est vite lu, il y a du fantastique (ce n'est pas le genre de livres que je lis d'habitude) mais dans l'ensemble je trouve que c'est pas mal du tout. On va retrouver Natalie dans d'autres volumes qui ne sont pas encore traduits. J'achèterai sûrement la suite pour voir l'évolution de l'héroïne... A un moment je m'y suis un peu perdue avec les "esprits" qui prennent possession dans le corps des Violets...

C'est bien rythmé, il y a des crimes bien sanglants... à réserver à ceux qui aiment le fantastique... dans le même genre, j'ai largement préféré Porteurs d'âmes de Pierre Bordage...

Ma note : 6/10



4 commentaires:

Aileean a dit…

Je ne connais pas mais ça a l'air vraiment original... J'attends ta critique avec impatience!

pom' a dit…

j'attends ton avis,un coté Sf qui me plait dans le résumé.

Marco a dit…

Moi aussi, j'attends :)

sofy a dit…

Je suis une fan de littérature policière et de fantastique, ce roman est une très bonne fusion des genres ! Je me suis attachée à l'héroïne et j'ai hâte de lire la suite ....