jeudi 6 août 2009

AU-DELA DU MAL de Shane Stevens

Après plus de vingt-cinq ans de malédiction éditoriale, nous avons le plaisir de vous présenter pour la première fois en langue française Au-delà du mal, de Shane Stevens, l'un des livres fondateurs du roman de serial killer, avec Le Dahlia noir, de James Ellroy, et Le Silence des agneaux, de Thomas Harris. À 10 ans, Thomas Bishop est placé en institut psychiatrique après avoir assassiné sa mère. Il s'en échappe quinze ans plus tard et entame un périple meurtrier à travers les États-Unis. Très vite, une chasse à l'homme s'organise : la police, la presse et la mafia sont aux trousses de cet assassin hors norme, remarquablement intelligent, méticuleux et amoral. Les destins croisés des protagonistes, en particulier celui d'Adam Kenton, journaliste dangereusement proche du tueur, dévoilent un inquiétant jeu de miroir, jusqu'à un dénouement captivant. A l'instar d'un Hannibal Lecter, Thomas Bishop est l'une des plus grandes figures du mal enfantées par la littérature contemporaine, un héros " terrifiant pour lequel on ne peut s'empêcher d'éprouver, malgré tout, une vive empathie. Au-delà du mal, épopée brutale et dantesque, romantique et violente, à l'intrigue fascinante, constitue un récit sans égal sur la façon dont on fabrique un monstre et sur les noirceurs de l'âme humaine. D'un réalisme cru, presque documentaire, cet ouvrage, hanté par la figure de Caryl Chessman, n'est pas sans évoquer Le Chant du bourreau de Norman Mailer et De sang-froid de Truman Capote. Un roman dérangeant, raffiné et intense.

Thomas Bishop est un enfant battu par sa mère. Elle lui met en tête qu'il est le fils de Chessman, un violeur condamné à mort et exécuté après 12 ans de batailles juridiques. Thomas tue sa mère à l'âge de 10 ans et sera placé dans un hôpital psychiatrique.

Thomas a une intelligence au dessus de la moyenne. Alors qu'il a essuyé un refus pour une éventuelle libération, il va faire la rencontre de Vincent Mungo, lui aussi interné. Il va se servir de lui afin de s'évader de l'hôpital psychiatrique. Grâce à son intelligence, il va usurper l'identité d'un inconnu et parcourir les Etats-Unis en semant derrière lui de nombreux cadavres de femmes : toutes horriblement mutilées.

Dans la deuxième partie du livre, on fera plus ample connaissance avec le journaliste Adam Kenton, le meilleur des enquêteurs. De nombreux protagonistes entreront en jeu... policiers, politiciens, journalistes, sans oublier la pègre vont se lancer sur la trace du tueur en série. Thomas Bishop va trouver des identités différentes avec une facilité déconcertante. Il a su trouver de l'argent et a de quoi subvenir à ses besoins pendant de longs mois.

J'ai beaucoup aimé le début du livre. La description des souffrances infligées à Thomas Bishop par une mère qui perd la tête et dont les coups de fouet sont monnaie courante. Une fois Thomas échappé de l'hôpital psychiatrique, on suit ses divagations à travers l'Amérique. Il n'éprouve aucun remords à tuer les femmes dont il croise la route.

J'avoue que, arrivée au milieu du livre, je me suis un peu perdue au milieu des nombreux protagonistes. Surtout les politiciens et la pègre. Mais on revient vite sur Thomas Bishop et sur le journaliste Adam Kenton, ce qui rend la lecture plus aisée. C'est un très bon livre... dès le début j'ai été happée dans l'histoire, tournant les pages avec avidité. Tout s'imbrique parfaitement. Ce n'est pas trop sanglant, l'auteur ne décrit pas les sévices infligés aux femmes que Thomas tue.

Le style de Shane Stevens est détaché et prenant. J'ai adoré le début lorsque l'enfance de Bishop est narrée. J'ai moins aimé la partie où Stevens parle du sénateur Stoner, qui se sert de l'escapade du tueur pour servir ses propres intérêts. Le roman est un véritable pavé (759 pages), l'intrigue est bien bâtie, l'intérêt ne faiblit pas, malgré quelques longueurs, néanmoins c'est une œuvre très dense. Je vous le recommande vivement !

Ma note 9/10


13 commentaires:

Isa (Laura du forum) a dit…

Celui-ci rejoindrai ma PAL dès Septembre ! Il était dans mes souhaits depuis un moment et ton avis a fini de m'achever !!!

Sylla a dit…

Rien que les cinq premières lignes ça me fait baver! Il me le faut ce livre! Merci pour cet avis bien détaillé!

Lilcassie a dit…

Le nombre de pages me fait un peu peur mais c'est très tentant!

Marco a dit…

Je comprends mieux pourquoi il a fallu ttant de temps pour avoir uen chronique :) J'ai un pu levé le pied sur les romans pour l'instant, car je me documnte beaucoup sur Venise mais je garde ce livre dans un coin de ma tête. Comme toujours, un excellent billet. Bonne journée.

Ingrid Barnay a dit…

Oui, Marco, j'ai fait une petite pause pendant les vacances... randonnées et restos étaient au menu ! j'ai réussi finalement à finir cet excellent livre. Tu comptes partir à Venise ? Bonne journée Marco !

Marco a dit…

Non, j'essaie d'écrire un roman qui s'y passe en partie :) (j'en avais posté un extrait sur le forum de Gilles, dans la rubrique 'Ecriture', quand je dis non, c'est tout de même un projet qui me tarabuste. Je compte bien y retourner un de ces quatre.

chris89 a dit…

Voici, un livre bien tentant … il devrait rapidement rejoindre la PAL …
Tu as vraiment le don de nous dénicher des thrillers bien dérangeants … merci

Ingrid Barnay a dit…

Bonjour chris89, tu ne vas pas le regretter, c'est un très bon livre ! d'avance, je te souhaite une bonne lecture !

taylor a dit…

je suis en train de le lire. j'en suis au tout début mais il est vraiment prenant...

Ingrid Barnay a dit…

Coucou Taylor ! contente que la lecture de ce livre te plaise ! bonne continuation...

taylor a dit…

Merci Ingrid, je l'ai fini la semaine denière et je ne regrette pas du tout cette lecture.

J'en ai fait un article sur mon propre blog...

bises

dasola a dit…

Rebonjour, ce roman fait partie de ma PAL. Je compte bien le lire d'ici la fin de l'année. Bonne fin d'après-midi.

dorsi a dit…

pffff qu'est ce que jel'ai trouvé ennuyeux ce livre, il faudrait supprimer la moitié du roman, je l'ai vraiment fini pour connaitre le coupable mais je n'ai pris aucun plaisir à lire ce livre.